État des lieux – 1.05.2020

Disclaimer : Les prises de positions de cet article n’engagent que son auteur et pas l’ensemble du mouvement des grèves du climat. Cette plateforme se veut être un échange et un moyen d’expression pour différentes mouvances à l’intérieur même de la GDC.

Adapté du dossier de presse utilisé lors de la conférence de presse du 1er Mai

Introduction

Au commencement

C’est du constat d’une crise qu’est née la Grève du Climat.

Le constat d’une crise non pas passée ni future, mais bien présente, avec pour seule promesse celle de s’empirer, pour seule réaction une ineffable inaction, et pour seul remparts nous-même.

Déjà, les forêts brûlaient, les catastrophes naturelles se multipliaient et la biodiversité mourrait assassinée. Les sécheresses faisaient déjà s’appauvrir les récoltes et la promesse pour beaucoup d’aller travailler, dur, sous un soleil toujours plus cuisant n’était pas pour réjouir les corps et les esprits.

Un an et demi plus tard s’est ajoutée une crise à la crise. À la crise écologique, la crise sanitaire est venue voler la vedette ; et bientôt ce sera au tour d’une crise économique aussi terrifiante qu’attendue.

Une crise après l’autre

Un an et demi plus tard, nous en sommes toujours au constat. Bien que des mesures aussi saluables que spectaculaires aient pu être prises pour limiter la propagation du virus – montrant du même coup l’hypocrisie de celleux qui prétendaient que tout changement radical est impossible  – on se contente souvent du service minimum et de dernière minute et on préfère faire des cadeaux aux grandes banques et autres multinationales que de se préoccuper de la réalité chacun.e. La crise sanitaire, comme la crise climatique, était attendue depuis longtemps. Et pour y faire face, des mesures d’urgences (au moins a-t-on eu ici la décence de la reconnaître), des mesures écocides, 1.275 milliards offerts à Swiss et des mesures liberticides, Swisscom autorisé à suivre nos déplacements. Il est venu le temps de la grande indécence. À quand une gestion prévoyante et solidaire de nos crises collectives ?

A la Grève du Climat

Ces crises nous touchent toutes inégalement et il ne faut pas oublier que ce sont souvent les mêmes qui boivent la tasse – c’est tout le sens de notre engagement pour la justice climatique et c’est pourquoi , à la Grève du Climat, nous avons temporairement suspendu tout rassemblement ou toute action trop fortement collective pour s’engager et promouvoir les réseaux d’entraide. Mais nous continuons la lutte et nous ne lâcherons rien car c’est aujourd’hui que nous construisons le monde de demain. Et il s’agit surtout, surtout, de ne pas reprendre la marche qui déjà, nous menait vers notre perte.

Revendications

Ces temps de confinement nous ont donné le temps de développer, en plus de nos trois revendications nationales que sont la déclaration nationale de l’urgence climatique, la neutralité carbone d’ici 2030 et le tout suivant un principe de justice climatique, une dizaine de revendications spécifiquement fribourgeoises que vous retrouverez ici : https://fribourg.climatestrike.ch/revendications/.

Dans le contexte actuel, particulièrement intéressantes sont les demandes de création d’un revenu de transition écologique pour toute personne exerçant ou se reconvertissant dans une activité écologique ou sociale, puisqu’il s’agit avant tout de ne pas reprendre les activités destructrices que le virus nous a forcé à arrêter, et la demande d’une attribution de 500 millions de francs suisses pour lutter contre les dégradations climatiques et environnementales, dont nous avons même lancé une motion populaire que l’on peut trouver à l’adresse suivante : https://fribourg.climatestrike.ch/500-millions/

La récolte de signature est un peu compliquée par les mesures de distanciations sociales actuelles, qu’évidemment nous respectons, mais nous sommes confiants quant à son succès.

Outre ces revendications et le lancement de cette motion populaire, cette crise doit pour nous avant tout également être vue comme une opportunité de ne pas faire repartir la machine infernale et de réellement faire le tri entre ce qui est important, ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas, afin de s’engager sur la voie d’une économie juste, durable, résiliente et par là respectueuse de notre environnement.

Prochaines actions

Il va sans dire que le virus a perturbé tous nos plans. La Grève pour l’avenir du 15 mai, mobilisation qui se voulait dépasser les milieux étudiants pour une journée de grève et d’actions, n’est pas annulée, reportée à une date ultérieure qui sera bientôt fixée après discussions avec les autres acteurs impliqués. Nous espérons profiter de ce délai supplémentaire pour mobiliser encore plus largement et inviter tout le monde à s’approprier l’événement.

Nous ne laissons cependant pas tomber la date du 15 mai et prévoyons pour cette journée de lancer le #ChallengeForFuture, bientôt disponible à l’adresse suivante : http://challengeforfuture.ch. Il s’agira de réaliser différents défis depuis chez soi afin d’avoir un impact concret ou symbolique en faveur du climat sur le monde qui nous entoure.

En plus de ces challenges, le 15 mai sera l’occasion du grand retour de la Radio Climat qui quitte les terres uniquement fribourgeoises pour s’étendre à l’ensemble de la romandie et qui garantira un programme interactif tout le jour durant.

Enfin, nous appelons tout le monde à faire le plus de bruit possible de toute les manières possibles en ce 15 mai à 11h59 pour symboliser l’urgence et la gravité de la crise climatique.

Conclusion

On aurait pu s’attendre à nous voir saluer cette crise comme une aubaine, nous apportant un air plus sain, une réduction des émissions de gaz à effet de serre, une recrudescence de la biodiversité et un ralentissement de l’activité économique. Il n’en est rien. Une crise est une crise et celle-ci est une tragédie. Et si la Grève du Climat a été si prompte à annuler ses rassemblements comme la manifestation du 14 mars avant même les arrêtés officiels, et à s’investir personnellement dans les différents réseaux d’entraide, c’est que notre message a toujours été de prendre les crises au sérieux. Quelle que soit la crise, il est de notre devoir de la combattre.

Renonçons à la trop facile tentation de tout recommencer comme avant et basons, pour une fois, avant que tout ne s’écroule, nos politiques et notre économie sur des constats scientifiques. Nous vivons au-dessus des capacités environnementales, ce n’est pas durable. Nos ressources sont limitées, il est inutile de vouloir en tirer un profit infini. Nous sommes en train de détruire toute vie sur terre, et nous avec, il y a urgence. Mais il n’est plus venu le temps de l’attente. Le nouveau monde est encore à construire et il est plus que jamais temps de s’y mettre. 

Il est plus que jamais temps de dépasser le simple constat. Si cette crise n’avait qu’une chose à nous apprendre c’est qu’il est possible d’agir, alors agissons.

Pour un Fribourg meilleur, plus juste et résilient,
Amicalement,

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